Publié le 16 octobre 2026

L’impact à anticiper des départs en retraite des médecins

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Les effectifs médicaux repartent à la hausse mais ne suffisent pas pour le moment à combler les départs à la retraite. Le durcissement du cumul emploi-retraite au 1er janvier 2027 pourrait précipiter des départs que les territoires fragiles ne peuvent pas absorber.

Des effectifs en hausse mais une répartition inégale

La France comptait 242 000 médecins en activité au 1er janvier 2026 (+5 000 en un an), grâce surtout aux praticiens diplômés à l’étranger ; l’âge moyen baisse lentement, de 51,1 ans en 2012 à 49,7 ans).

L’Ordre juge la baisse des effectifs derrière nous (+40 % attendu d’ici 2040), mais invite à la prudence : activités non régulières, cumul emploi-retraite et nouveaux modes d’exercice faussent la lecture. La part des généralistes recule (41,8 % des médecins en activité). Le défi est donc l’adéquation entre médecins disponibles et besoins locaux.

Des effectifs en hausse mais une répartition inégale

La France comptait 242 000 médecins en activité au 1er janvier 2026 (+5 000 en un an), grâce surtout aux praticiens diplômés à l’étranger ; l’âge moyen baisse lentement, de 51,1 ans en 2012 à 49,7 ans).

L’Ordre juge la baisse des effectifs derrière nous (+40 % attendu d’ici 2040), mais invite à la prudence : activités non régulières, cumul emploi-retraite et nouveaux modes d’exercice faussent la lecture. La part des généralistes recule (41,8 % des médecins en activité). Le défi est donc l’adéquation entre médecins disponibles et besoins locaux.

Une vague de départs que la relève n’absorbe pas immédiatement

Entre 2010 et 2026, la Creuse a perdu 19,3 % de ses médecins en activité régulière, le Cher 17,3 %, la Haute-Marne 16,7 %. En Bourgogne-Franche-Comté, 43 % des généralistes ont plus de 60 ans. Les effets de l’ouverture des études ne se feront pas sentir avant 2030, voir 2035. Les quelques 30 000 praticiens à diplôme hors Union européenne comblent une partie des vides, mais la situation reste fragile

Pour les patients, un départ non remplacé complique l’accès à un médecin traitant, allonge les délais de prise en charge et perturbe le suivi des maladies chroniques. Pour les établissements, les postes vacants fragilisent les services ; ces effets varient selon les structures et les spécialités.

Le cumul emploi-retraite, dernier amortisseur mis à mal

15 322 médecins libéraux exerçaient en cumul au 1er juillet 2026, dont 6 695 généralistes. Un décret d’août 2025 exonère de cotisations vieillesse ceux qui exercent en zone en manque de praticiens, jusqu’à 70 000 € de revenus.

Cependant, la réforme de 2027 amène un durcissement des conditions.

La LFSS 2026 distingue trois cas à partir du 1er janvier 2027 :

  • Avant 64 ans : pension réduite à hauteur des revenus d’activité ;
  • Entre 64 et 67 ans : réduction partielle, cumul possible jusqu’à environ 7 000 € ;
  • Après 67 ans : cumul intégral.

Le président de la CARMF craint ainsi que la réforme casse la logique de fin de carrière progressive. Ce sont donc près de 1 850 médecins qui mettent fin à leur activité de cumul plus tôt que prévu, pour ne pas être désavantagés par les nouvelles règles.

Une dérogation pour les zones sous-denses est prévue, mais le décret n’était toujours pas publié fin septembre, ce qui pèse sur des décisions prises aujourd’hui.

Comment anticiper les départs : quatre leviers

Repérer les départs avant qu’ils n’arrivent. L’âge ne suffit pas à prédire une cessation d’activité : avec la réforme du cumul, beaucoup de médecins peuvent avancer, retarder ou étaler leur départ. Établir une cartographie des praticiens proches de la retraite, en dialogue avec eux, permet de préparer les successions plutôt que de recruter dans l’urgence.

Rendre les postes plus attractifs que la seule rémunération. Organisation du travail, horaires, charge administrative et travail d’équipe pèsent autant dans le choix d’un candidat. C’est d’autant plus important que les jeunes généralistes déclarent travailler environ six heures de moins par semaine que leurs aînés (42,7 heures pour les moins de 45 ans, contre 48,5 heures pour les 45-59 ans) Remplacer un médecin ne revient donc pas à remplacer son volume de consultations : alléger l’administratif et partager la charge de travail est un moyen de préserver du temps médical.

Adapter l’exercice au territoire. Maisons de santé pluriprofessionnelles, centres de santé et formes d’exercice mixte offrent un cadre collectif et des responsabilités partagées, que recherchent de nombreux jeunes praticiens. Ces formules ne sont pas une solution universelle : leur pertinence dépend du bassin de population et des professionnels déjà présents.

Cibler le recrutement sur les postes difficiles à pourvoir. Une recherche ciblée et un accompagnement par un cabinet de recherche spécialisé (définition du besoin, identification et recherche des candidats) aide à raccourcir les délais.

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